mardi 17 avril 2018

Sujet du 18/04/2018 : Suffit-il d'observer pour connaitre ?


Suffit-il d’observer pour connaitre ?

Si l'on se donne pour objectif, pour finalité, de connaître la nature, ou tout autre phénomène qui se présente à nos sens, on en vise une représentation exacte et dont on peut rendre raison.
La connaissance, en effet, comme résultat de l'acte de connaître, s'oppose à la croyance et à l'opinion. Une connaissance doit être non seulement vraie, mais justifiée.
L'observation est l'action de constater des faits par un usage attentif de nos organes des sens. "Le premier et le moindre degré de connaissance, c'est d'apercevoir." Condillac
    Quel rôle l’observation joue-t-elle dans l'élaboration de la connaissance ? Toute connaissance dérive-t-elle directement de l'observation passive des faits ? Expérimenter, au sens de l’expérience dans les sciences dites « expérimentales », est-ce simplement observer ?
    Le problème se pose particulièrement en ce qui concerne non pas le simple constat d'un fait, mais la généralisation à partir d'un ensemble d'observations : une loi générale, à caractère nécessaire et universel, peut-elle être dérivée par induction à partir de l'observation répétée de cas particuliers ?
    Mais si observer ne suffit pas, que faut-il d'autre ?
    Dans la vie quotidienne, l'observation est source de connaissance. Voir, sentir, toucher, goûter m'informe sur le monde qui m'entoure. Les sens me permettent de connaître le monde extérieur et guident mes actions.  Comme on dit de  « saint Thomas », on exige souvent de pouvoir constater les faits avant de croire une information.  

Mais il ne s'agit pas simplement de voir ou d'entendre.
Bien observer, c'est plus que simplement recevoir des informations de nos organes des sens, c'est aussi filtrer ces informations et les structurer pour en retirer un enseignement.
    De plus, l'observation répétée de certaines relations régulières entre les phénomènes me permettent de tirer des conclusions pratiques générales qui guident mes actions. (A force de voir le soleil se lever tous les matins, j'en conclus que le soleil se lèvera aussi demain.) J'acquiers, comme on dit, "de l'expérience".
Mais cette « connaissance » ne dit pas encore qui tourne autour de quoi ! Cette « expérience » n’a qu’une apparence de fait scientifique.
Comment passer de ces illusions que nous appelons parfois connaissances, à la construction d’une pensée scientifique, à la détermination de lois générales réglant la nature et les phénomènes, qui nous donnent le droit d’affirmer des vérités (en fonction de référentiels donnés) ?
Comment enfin le combat philosophique illustre-t-il, enrichit il, le combat entre la recherche de la vérité et l’irrationalisme ?

dimanche 8 avril 2018

Sujet du mercredi 11/04 : Ce qui peut être démontré n’a pas de valeur (Nietzsche)


Ce qui peut être démontré n’a pas de valeur (Nietzsche)

Avertissement : ne pas se méprendre sur le sens que donne Nietzsche au mot « valeur » : "Tout ce qui a quelque valeur dans le monde actuel, ne l'a pas en soi, ne l'a pas de sa nature – la nature est toujours sans valeur – mais a reçu un jour de la valeur, tel un don, et nous autres nous en étions les donateurs".

C’est dans ce sens là que doit être comprise la phrase de Nietzsche. Et la méthode démonstrative étant un pilier de la science c’est bien à une attaque en règle contre celle-ci que Nietzsche se livre « La science repose sur une croyance » (Nietzsche : le gai savoir).  
 Nietzsche explique qu’à première vue, les convictions n’ont pas lieu d’être dans le domaine de la science excepté lorsqu’elles prennent la forme de l’hypothèse Lorsque l’on énonce une conviction un doute persiste, la conviction reste subjective impossible à fonder rationnellement, à la différence de la certitude.. 

Cependant, l’accès à la connaissance par la conviction est possible si et seulement si celle-ci revêt l’habit de l’hypothèse. En effet, l’hypothèse est la seule forme non prouvée, non certaine, admise dans le domaine de la science. Il s’agit, du point de vue expérimental c’est à dire pour les sciences de la nature telles que la physique ou la biologie, d’une explication conditionnelle théorique et anticipée des faits qui demande toujours une vérification par l’expérience et, du point de vue de la fiction régulatrice c’est à dire des sciences formelles basées sur la déduction comme les mathématiques, l’hypothèse est alors une donnée. 

L’outil hypothèse n’est qu’une forme provisoire, qui s’inscrit dans la démarche scientifique, car elle est destinée soit à être confirmée, dans ce cas elle devient certitude et elle obtient une place et une utilité dans la science, soit à être infirmée, elle est alors rejetée car considérée comme fausse, elle n’a alors plus de place dans le domaine de la connaissance. 
Dans le cas des sciences expérimentales, c’est la réussite de l’expérience qui tranchera alors que dans le cas des sciences formelles, l’hypothèse ayant été posé on en déduira tout ce qu’elle implique et si l’on arrive à la fin à une proposition vraie qui lui sera équivalente alors l’hypothèse sera vraie mais si au contraire on arrive à une absurdité ou une contradiction, alors l’hypothèse sera rejetée. Ainsi, force est de reconnaître une certaine valeur à l’hypothèse. 
En effet, l’hypothèse joue un rôle capital dans l’orientation de la recherche scientifique et tout particulièrement dans la recherche expérimentale comme le soutenait Claude Bernard, en effet c’est l’hypothèse qui fixe les conditions expérimentales sans lesquelles l’expérience ne pourrait être valable. Ainsi on peut dire qu’une conviction peut accéder au domaine de la science si elle y entre sous la forme de l’hypothèse.    

Ainsi, la science qui établit des propriétés en les prouvant, soit par la démonstration, soit par l’adéquation au réel, refuse toute conviction. Mais Nietzsche considère qu’il y aurait un premier élément de démonstration, que rien ne le précède et qu’il a bien fallu « y croire ».  
Dans ce cas là, et si l’on suit la démarche de Nietzsche, on tombe dans un énorme paradoxe : comment à partir d’une croyance (une croyance originelle ?!) la science aurait-elle pu aboutir à des vérités ?

En fait Nietzsche n’aura de cesse de tenter d’élaborer une critique, qui à travers SA conception des sciences et des critères de vérité, a pour but de ruiner le platonisme, mais aussi ajoute-t-il : « le christianisme, le socialisme et l’anarchisme » dans le sens ou ces doctrines, d’après lui, nient la vie, cherchent une vérité dans l’ici et maintenant.

Alors si ce qui peut être démontré n’a pas de valeur, est-ce que, par hasard, tout ce qui ne peut pas être démontré aurait de la valeur ? 
  
Oui, répond Nietzsche. Pour lui,  
L’homme occidental (grec, latin, romain, saxon) a eu besoin de poser l’identité du stable et du vrai. C’est parce que l’Occident avait besoin de la stabilité que la stabilité a été investie de la qualité de l’Être. 
Nietzsche identifie la philosophie depuis Platon à la religion chrétienne et sa morale, et aux idéologies modernes dont l’athéisme de façade masque une foi consciente ou inconsciente en la valeur de la vérité, donc un idéal ascéti­que qui s’ignore. 
Pour tous il y a un monde meilleur que celui-ci, un monde vrai. Tous nient ce monde ci, apparent, phénoménal, qui est lutte entre des forces contradictoires. 
Il pose comme affirmation ce que nie l’évaluation du monde prétendument vrai : l’art, qui met en œuvre le sensible, vaut mieux que le vrai, dit Nietzsche. 

Il a plus de valeur que cette vérité suprasensible qui implique vertu, humilité et négation de ce qui, fondamentalement, stimule la vie. 

L’art a une fonction anti-ascétique. CQFD ?

lundi 2 avril 2018

Sujet du Mercredi 04 avril : « L'HOMME EST UN LOUP POUR L'HOMME »


« L'HOMME EST UN LOUP POUR L'HOMME »
= l'homme se comporte en prédateur vis à vis de ses semblables.

Cet énoncé vient de PLAUTE dans la Comédie des Anes. L'homme prend pour un loup l'homme qu'il ne connaît pas : peur de l'inconnu.
L’homme est le seul animal capable d'humilier son semblable pour le seul plaisir de ressentir, par contraste, sa supériorité.

Il a été vulgarisé par HOBBES.
A « l'état de nature », l'égoïsme de l'autoconservation entraîne une rivalité généralisée (guerre de tous contre tous). Les rapports de chacun avec tous les autres sont commandés par l'impératif de la survie individuelle.
L'homme ressemble à un être sans scrupule poursuivant si besoin ses intérêts au détriment des autres : vision pessimiste de la nature humaine.
Le loup est l'ennemi, celui dont on a tout à craindre et contre lequel il faut se protéger.
Cette maxime existe dans le langage courant, elle dépasse énormément ce statut.
Cet état d'esprit se traduit dans des actes concrets.
L'esclavage. Pour KARL MARX l'état d'harmonie originel est rompu par la situation du dominant sur le dominé.
L'immoralité « L'homme n'est pas un être doux » ...il a un « penchant à l'agression » ...il « n'est pas cet être débonnaire » nous dit FREUD.
Les violences, les guerres. NIETZSCHE parle de cruauté innée chez l'homme.
Les haines. SARTRE dans Huit Clos considère que «  l'enfer c'est les autres ».« Si les rapports avec autrui sont tordus, viciés, alors l'autre ne peut être que l'enfer »
Pour FREUD le penchant naturel de l'homme est l'agression, « la passion pour le meurtre est premier » .

Tout être humain, dès le plus jeune âge, subit des mauvaises influences. Pour faire des études il faut jouer des coudes. Puis la vie active peut s’avérer un combat. Certaines réussites professionnelles proviennent de nombreuses éliminations.



L'HOMME N'EST PAS UN LOUP POUR L'HOMME
= il s'avère  naturellement bon

Il se rend compte de la médisance : référons nous à l'histoire de la poule déplumée tout au long du chemin.
Le vrai héro de guerre brave les dangers pour sauver un camarade au dépend sa vie. Il s'agit d'entraide et de dévouement  ROUSSEAU dans le contrat social écrit que
«  l'homme est bon ; je m'aime trop pour haïr ».
Les époux échangent des consentements sincères lors de leur mariage. L'esprit maternel permet de tisser un lien très fort. GANDHI proclame dans son discours sur la paix lors de la marche du sel «  l'amour est la force la plus puissante que possède le monde.

Les plus démunis bénéficient des actions des frères d'Emmaüs de l'abbé Pierre. Pour Socrate « nul n'est méchant volontairement » «  l'homme est l'ami de l'homme ».
L'altruisme est présent. « Aimez-vous les uns les autres...à ceci tous connaitrons que vous êtes mes disciples » dit le CHRIST.
Pour SPINOZA «  l'homme est un dieu pour l'homme » par la cité, le travail solidaire, l'entraide, l'amour.
MARTIN LUTHER KING a montré son engagement dans son discours « I have a dream ».
Le bouddhisme prêche la compassion, la tolérance, la solidarité, la non-violence.

A Marinalida un groupe de personnes veut concrétiser cette idée en Espagne.


QU'EN PENSER ?

Allons-nous choisir les côtés positifs ou négatifs.
BERGSON expose les rapports « étrangers/compatriotes » qui sont compatibles.
MONTAIGNE se demande « comment dialoguer sans haine » ?
Dans la nature les deux possibilités coexistent. L'être humain qui en fait partie est bivalent.
Il peut ainsi fonder une civilisation.

Sujet du 18/04/2018 : Suffit-il d'observer pour connaitre ?

Suffit-il d’observer pour connaitre ? Si l'on se donne pour objectif, pour finalité, de connaître la nature, ou tout autre phéno...