Sujet du Mercredi 20 Mars : Pourquoi chercher la vérité ?



Pourquoi chercher la vérité ?     
Ma réflexion

J'ai remarqué que lorsque l'on philosophe, on cherche à dégager des vérités, on cherche à démêler le vrai du faux, quand soudain, on peut se poser la question, si je trouvais une vérité, ou la vérité, ou des vérités, serai-je plus heureux ? Pourquoi ne pas rester dans l'ignorance, dans l'illusion, ou dans le relativisme ? D'où mon questionnement, pourquoi chercher la vérité ?

Je m'imagine que, comme le croyant qui a trouvé « sa vérité », je serais peut être plus heureux, plus serein, si je la trouvais moi aussi.
Personnellement, il me tient à cœur de chercher la vérité, pour différentes raisons. J'ai tout d'abord l'impression que chercher la vérité peut faire entrer l'homme dans un processus vertueux. Ma recherche peut faire réfléchir d'autres personnes et les engager eux-mêmes dans un « cercle vertueux » par le simple fait de rechercher cette vérité.

Cette recherche me permet également de faire des liens entre différentes cultures, pensées, personnalités, et me permet de m'intéresser à l'autre dans la mesure où chacun va exposer sa propre recherche de vérité qui n'est pas forcément la mienne. Cette recherche de la vérité fonderait en quelque sorte la culture.

Pour ma part, dans le domaine des mathématiques, si l'on considère que résoudre un problème est trouver une vérité, cela peut apporter un certain plaisir, celui de lever le mystère, celui de découvrir des espaces inexplorés que je n'aurais jamais découverts si je n'avais pas cherché cette « vérité ». Même si ces vérités sont purement formelles, elles ont une mystérieuse correspondance avec certaines réalités physiques. Le fait de découvrir des applications dans la recherche mathématique donne une impression de magie, celle de toucher du doigt la réalité, ou la vérité.
Il reste que j'aimerais comprendre pourquoi je suis là, pourquoi il y a « quelque chose plutôt que rien ».

Petite histoire du concept de « vérité »

Selon les philosophes, les époques, les courants, la vérité prend différentes définitions.
Pour Platon, par exemple, la vérité et la réalité sont strictement la même chose, c'est ce qu'il nomme le monde des « Idées ». Pour Aristote, la vérité se conçoit dans son acception logique. Ainsi un énoncé tel que « le mur bleu est rouge » est faux.

Pour d'autres philosophes, la vérité se différencie de la réalité parce qu'on ne peut pas être en relation directe avec celle-ci, notamment à cause des représentations (langage, symboles...).
Les existentialistes partent du principe que l'idée même de vérité n'existe que parce que l'on est là. La vérité n'existe donc pas en soi.

Dans le domaine des sciences, on peut parler de vérité expérimentale : une chose est vraie car l'expérience le confirme.
Si l'on suit le doute méthodique de Descartes qui va jusqu'à renier la vérité des stimuli perçus par les sens, la seule vérité sur laquelle on peut se reposer est que la seule chose dont je ne peux pas douter est que je doute : cogito ergo sum.

En mathématiques, on parle de « vérité formelle » : on énonce des vérités perçues comme telles car elles sont en cohérence avec le système axiomatique sur lequel elles reposent.

Pour les pragmatiques, la vérité est l'ensemble des satisfactions des besoins de l'homme. La vérité apparaît donc comme le processus qui  amène à cette satisfaction, partant, on ne se pose pas la question du pourquoi.

Rousseau, quant à lui, se demande pourquoi on recherche la vérité. Il trouve la réponse en affirmant que la vérité conduit au bien, donc au bonheur des hommes, et que l'illusion ou le mensonge ne peuvent conduire qu'au mal, et au malheur. Pour lui, il faut que chaque homme trouve la vérité dans son cœur, la vérité de ce qu'il est, pour pouvoir se présenter devant dieu sans culpabilité.

En revanche, si l'on en croit les écrits bibliques, la vérité serait mauvaise à connaître pour l'homme. En effet, en cueillant le fruit défendu, le fruit de la connaissance, l'homme se voit exclu du jardin d'Eden.

On peut trouver des explications psychologiques à notre besoin de vérité : celle-ci nous rassurerait dans notre angoisse existentielle. On peut également y voir une manière de fédérer les communautés humaines. En effet, une société se rassemble autour de « vérités » partagées, de croyances communes, alors qu'il est difficile de penser le rassemblement autour de l'ignorance, du mensonge, ou du relativisme.

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