dimanche 24 avril 2016

Sujet du Merc. 27/04 : LE SUPER HÉROS, UNE IDÉE RÉACTIONNAIRE.



 LE SUPER HÉROS, UNE IDÉE RÉACTIONNAIRE

Tout le monde sait à peu près, que les supers héros avec leurs pouvoirs surnaturels viennent en réalité de la bande dessinée des années 30 aux Etats Unis.

 C'est donc un sous genre d'une bande dessinée assez commerciale que l'on peut classer dans la science fiction. Mais déjà là, ce genre qui nous intéresse  d'étudier, déroge à la règle des histoires d'anticipations. Puisque le principe de la SF est de nous projeter dans un futur en imaginant ce que demain sera, en tenant compte du présent, et donc un exercice particulièrement difficile quand à la crédibilité. Je veux dire par là, que normalement l'auteur ne doit pas déformer notre époque avec des problèmes contemporains qui n’existent pas pour justifier l' histoire qu'il nous raconte. Par exemple dans « la planète des singes » ce film est réalisé en pleine guerre froide, ou la menace d'une guerre nucléaire était bien réelle. Et  le scénario, même si il a plusieurs intrigues intéressantes, a un dénouement qui repose sur l'hypothèse d'une guerre nucléaire dévastatrice. On est bien dans la parfaite exécution d'une histoire d'anticipation qui envisage un futur en tenant compte des problèmes contemporains. L'exercice de style sur ce film est magistral.

La majorité des films de SF repose sur des hypothèses puisées dans le ressenti du réel et la qualité de ce parti pris doit bien évidement être sincère et non triché.
Cela peut donner un prétexte à tout un tas de films qui vont reprendre la même hypothèse avec plus ou moins de talents, et pas forcément tous, d'une grande qualité malheureusement. Cela devient rapidement une facilité d'écriture des scénarios qui commence par une population réduite dans un décor de fin du monde. Les spécialistes de la SF appellent cela « les films de survivance » tel Mad Max. Le spectateur  bien souvent n'a plus qu’à adhérer à la psychologie des personnages qui vont évoluer entre l'altruisme et la violence avec une morale un peu toute faite, entre complaisance, voyeurisme ou bons sentiments ; pas toujours réussie.

Mais dans le cas des super héros la démarche est bien différente, de mon point de vue. Le principe que l'on nous propose est que l'auteur admet que la société petit à petit s'améliore avec un niveau de vie qui progresse doucement et surtout des services publics régaliens, armée, justice, police, qui font leur travail. Donc en gros, les crimes et les délits qui pourraient dégrader le système sont apparemment résolus dans l'intérêt général et l'ordre public. Mais il suffit qu'un individu malveillant, donc foncièrement méchant et pervers -mais pas trop (il ne faut pas effrayer les enfants)- avec l'aide d'un peu de technologie peut dégrader la société. Elle est bien là l'hypothèse de départ insidieuse puisqu'une personne toute seule peut mettre en péril tout la société voir la civilisation. Et seul le super héros avec ses supers pouvoirs peut rétablir l'ordre et la sagesse parmi ces pauvres mortels impuissants.
Décidément l’Amérique n'en aura jamais fini avec le bien et le mal.

Le principe réactionnaire que je déteste derrière cette image est que nous avons bien des problèmes dans nos sociétés que nous n'arrivons pas à résoudre. Les guerres, les dictatures, les génocides, le terrorisme ont bien traversés le XX° siècle et cela continu. Ils sont même difficiles à comprendre et font l’objet de débats incessants.

Où cela se complique c'est que comme Superman n’existe pas, on arrive à une justification de l'action policière et juridique de répression sans aucune limite. Pour preuve, la séquence que vient de nous jouer François Hollande avec la déchéance de la nationalité en est, une parfaite illustration. Le plus grave dans tout ça, c'est qu'il comptait sur cette loi pour remonter dans les sondages de popularité, sans même chercher une quelconque efficacité dans la lutte anti terroriste.

Pour prolonger ma crainte, trop souvent les gouvernements de toutes obédiences vont systématiquement utiliser les défauts de nos sociétés pour justifier toutes leurs actions les plus interventionnistes. Aucun sujet n'échappent, à ma connaissance, au phénomène, la récupération est totale : le féminisme, la discrimination, l'écologie...

De ce fait, ils n'ont pas d'obligations de résultats, mais ils spéculent et communiquent sur leurs actions nécessaires et forcements positives. Un problème, et ils déclenchent une commission, puis une étude consultative, et un député va proposer une loi. Ou carrément dissimuler leur impuissance sur leur capacité à résoudre les vrais problèmes : chômage, réduction de la pauvreté, logement.
Pour revenir au cinéma d'anticipation, ce n'est pas si grave que ça, ce n'est que du divertissement. Et puis c'est une figure imposé qui peut aussi réserver des surprises. Le deuxième Batman réalisé par Tim Burton était quand même assez savoureux, avec trois méchants pour le coup, interprété par de vrai stars, Dani de Vito, Michel Pfifeur en Cat Wooman  sexy, et Christopher Wolken en psychopathe sophistiqué, plus un visuel vintage flamboyant très spectaculaire. Le héros Batman sans aucun pouvoir, carrément tristounet, évoluait en second plan dans le film. Dans l'histoire de la création artistique, beaucoup d'artistes vont se plaindre des contraintes qu'on leur impose comme une entrave à leur créativité.

Ma conclusion est que la fiction à besoin de logique pour être crédible et intéressante et c'est donc la logique des scénarios de supers héros qui n'est pas belle quand elle simplifie bêtement une réalité complexe.
Mais encore plus grave bien souvent la fiction va donner en spectacle une violence gratuite qu’elle cherche à dénoncer dans un message moralisateur trop facile.

vendredi 15 avril 2016

Sujet du Merc. 20/04 : Le féminisme n'est pas la solution, c'est le problème.



 LE FÉMINISME N'EST PAS LA SOLUTION, C'EST LE PROBLÈME.
 Les rapports hommes/femmes sont inscrits dans un ensemble de rapports sociaux qui ont évolué au cours du temps. Et il s’agit d’un temps long. Tout « naturellement » on a commencé par considérer que le patriarcat était général à l’image de ce qu’affirmaient les religions juive, chrétienne, bouddhiste et islamique. Il y aurait donc une « éternelle nature humaine ».
Mais des chercheurs ont, dès le 19ième siècle, mis en évidence l’importance prédominante du matriarcat dans les sociétés anciennes.
N’en déplaise aux partisans du dessin animé des années 70 : « les pierreafeu » où l’on voit de lourdeaux préhistoriques trainer leurs femmes par les cheveux …… au début était … le matriarcat.
La Dame de Brassempouy  -29, -22000 ans BP
Une abondante littérature scientifique et des recherches tant archéologiques qu’ethnographiques nous renseignent sur le type d’organisation sociale existant ou ayant existé avant le stade actuel de la société. ( Bronislaw Malinovsky, Marija Gimbutas, Evelyn Reed, Robert Briffault, Maurice Godelier, Cai Hua, Elizabeth Barber, Judith Lorber, Sherry Otner, Harry Ignatius, R.T Gurdon, Judith Buber, Andrés Ortiz-Osés, José María Satrustegi, P S Nsugbe, E Friedl, K Sacks, Cheikh Anta Diop, Jean Malaurie, Leroi-Gourhan, Claudine Vallas, Stella Georgoudi ; Roger Lemelin, Margaret Mead, Ruth Benedict, Meyer Fortes, Esther Resta, Alain Testart, Peggie Reeves Sanday et Edward E. Evans-Pritchard.…)
Dans les premiers groupes humains (ou ceux qui sont restés en dehors de notre « civilisation ») la femme a un double rôle :
Vénus de Lespugue    -26, -24000 ans BP
-      C’est elle seule qui peut mettre au monde des enfants et de fait, seule la filiation maternelle pouvait être prouvée. Les premiers humains n’avaient d’ailleurs pas conscience des fonctions des deux sexes dans la procréation, et la maternité était perçue par les primitifs comme parthénogenèse relevant du surnaturel dont le corps de la femme était dépositaire. Le fait de la certitude de la filiation maternelle est ce qui va déterminer l’émergence du matriarcat et sa fonction civilisatrice, et c’est par voie matrilinéaire que va se transmettre la civilisation.
-      Elle est assimilée, symboliquement,  à la « terre mère » qui donne aux être humains l’ensemble des biens renouvelable : plantes, animaux.
  L’un des signes les plus marquants d’anciennes civilisations fondées sur le matriarcat, la suprématie féminine, est l’existence d’anciens dieux exclusivement féminins, des déesses, qui semblent représenter la fécondité de la terre : des déesses-mères.
Notons que cette période longue ne laisse aucune trace de quelque violence que ce soit, ni entre groupes humains, ni a fortiori entre humains de sexes « opposés ».

La guerre est une activité très récente au sein de l’espèce humaine. Là aussi de nombreuses  études scientifiques en font foi  : ( Jean Guilaine, archéologue, Jean Zammit  médecin et paléopathologiste, Marylène Patou-Mathis préhistorienne, etc …).
IL N’Y A PAS DE LUTTE « ANCESTRALE »
ENTRE HOMMES ET FEMMES.

Une véritable société matriarcale a subsisté jusqu’à nos jours dans des vallées reculées du Yunnan, en Chine, chez les Na. Ignorant l’institution du mariage et la notion même de paternité, pratiquant une sexualité infiniment plus libre que celle de toutes les sociétés patriarcales et consacrant en conséquence plus de temps à l’amour qu’au travail. Mais à partir des années 1990, le contact avec la marchandise moderne et le tourisme de masse est parvenu en quelques années à ruiner les fondements millénaires de leur société et à généraliser dans les jeunes générations le modèle de la famille nucléaire et du couple monogamique.  Une étude capitale établie sur le terrain par le docteur Cai Hua (Une société sans père ni mari. Les Na de Chine) , q remet en cause à la fois le dogme de l’universalité du complexe d’Œdipe et le postulat de l’inexistence du matriarcat, donne un fondement historique aux mythes de l’âge d’or et prétend ouvrir, du même coup, une perspective d’émancipation pour toute l’humanité.

Note : dans le texte qui suit la convention sera la suivante :
Homme : au sens d’humanité (hommes et femmes)
homme :  au sens de masculin.

Comment l’humanité est-elle donc passée d’un respect des femmes et du rôle central  rôle central qu’elles occupaient dans la vie sociale à la forme patriarcale, qui est encore la nôtre aujourd’hui.

Entre -7000 et 10 000 ans, l’homme domestiqua la nature. Il maitrisa l’élevage, et l’agriculture.
Ce progrès dans l’évolution humaine eut un corollaire bien mis en évidence par JJ Rousseau :
« Le premier qui ayant enclos un terrain s’avisa de dire : Ceci est à moi, et trouva des gens assez
simples pour le croire, fut le vrai fondateur de la société civile. Que de crimes, de guerres, de meurtres, que de misères et d’horreurs n’eût point épargnés au genre humain celui qui, arrachant les pieux ou comblant le fossé, eût crié à ses semblables : “Gardez-vous d’écouter cet imposteur ; vous êtes perdus si vous oubliez que les fruits sont à tous et que la terre n’est à personne!”
Discours sur l’origine des inégalités.

Très rapidement on assista à un privatisation des terres et des biens. Mais aussi à la nécessité de les répartir lors du décès d’un membre du groupe. L’héritage ne pouvait être laissé au hasard de la procréation.

Une conséquence importante de l’introduction de la propriété privée fut que l’économie domestique se détacha bientôt de l’économie homogène et communautaire qui avait été jusque là celle de la tribu. L’existence de ces organisations économiques autonomes entraîna un type de famille de plus en plus fermée et repliée sur elle-même. A l’intérieur de cette économie familiale isolée et individuelle, on assista de surcroît au renforcement de la division du travail. Les travaux productifs à l’extérieur furent réservés aux membres masculins de la famille, tandis que la femme fut reléguée à ses fourneaux.
La propriété privée familiale donc, qui permit l’économie domestique, contribua par le travail limité et improductif à domicile à l’asservissement de la femme. D’un point de vue économique, le travail de la femme perdit de son importance, et elle ne tarda pas à être considérée comme une créature dépourvue de valeur et totalement superflue par rapport au représentant des valeurs nouvelles, c’est-à-dire l’homme.

Cette époque de transition a duré des milliers d’années et trouva son aboutissement entre la période du néolithique et les débuts du monde antique grec.

Le rôle des femmes dans
l’histoire post-néolithique.

Après avoir connu des relations harmonieuses avec les hommes durant des centaines de meilleurs d’années, la femme devint un « être inférieur ». Sans droits véritables dans l’antiquité. La seule égalité des sexes se trouve chez les esclaves ou hommes et femmes étaient astreints au même travaux, privés de liberté. Les femmes de la haute société ayant une vie agréable, mais strictement dépendante de la position sociale de leurs maris.

Toutefois de l’antiquité à nos jours certaines femmes accédèrent à des position de pouvoir considérable. Prenons quelques exemples dans la période récente :
There is no alternative (TINA, en français « Il n'y a pas d'autre choix ») est un slogan politique

utilisé par M. Thatcher lorsqu'elle était Premier ministre du Royaume-Uni. Ce slogan signifie que le marché, le capitalisme et la mondialisation sont des phénomènes nécessaires et bénéfiques et que tout régime qui prend une autre voie court à l'échec. Fin de l'histoire.

Lagarde Christine : de 1995 à 2002, elle est membre du cercle de réflexion Center for Strategic and International Studies (CSIS), au sein duquel elle copréside avec Zbigniew Brzeziński la commission Action États-Unis-UE-Pologne et suit plus particulièrement le groupe de travail Industries de défense États-Unis-Pologne (1995-2002) et les questions liées à la libéralisation des échanges Elle entre, en
Ch. Lagarde
avril 2005, au conseil de surveillance de la multinationale néerlandaise ING, une institution financière internationale de bancassurance . Elle déclare : « 
Le jour du changement de statut de La Poste est un jour de célébration. La Poste est le service public préféré des Français et l'entreprise préférée des Français après Décathlon. »
« La raison pour laquelle la France sort mieux son épingle du jeu que nos voisins européens, c'est précisément parce qu'on a engagé des réformes et qu'on le fait à marche forcée. Il faut absolument continuer. Et on aura des conséquences sur l'emploi. »
Abdallah « était un grand leader ». « Il a mis en place un certain nombre de réformes en Arabie saoudite et était, de manière discrète, un grand défenseur des femmes ». 26/1/2015
« 
Pour faire face à la hausse du prix du pétrole, je conseille aux Français de faire du vélo. »

Ilse Koch à Birkenau / Irma gres 

procès 1945,ont pratiqué des fusillades massives, des
exécutions individuelles au pistolet, donné des coups de fouet, sélectionné des prisonniers pour les chambres à gaz, fait subir des humiliations sexuelles et enfin lâché des chiens affamés sur les détenus.    Elles avouent par ailleurs avoir pris du plaisir à tuer des prisonniers gratuitement et à les voir hurler de souffrance. I. Koch ne se dira jamais coupable : « C'était notre devoir d'exterminer les éléments anti-sociaux afin d'assurer l'avenir de l'Allemagne ».




Golda Meir, Prix Nobel de la ….paix :
« Comment pourrions-nous rendre les territoires occupés ? Il n’y a personne à qui les rendre ».
Moshe Dayan et Golda Meir

Golda Meir, premier ministre d’Israël, 8 mars 1969.
" Il n'y a pas semblable chose que les Palestiniens, ils n'ont jamais existé ". Golda Meir Premier ministre Israélien le 15 juin 1969.

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On pourrait rajouter ainsi une longue liste de prénoms  féminins. Où est donc la spécificité des femmes ? A tous les niveaux, exécutantes ou au pouvoir elles n’ont rien à envier à leurs homologues masculin.
La ligne de démarcation homme/femme passe fort heureusement ailleurs. La où passe la philosophie. La philosophie propose une vision universaliste les Hommes n’ont d’autres divisions (hors la division physiologique sexuée, naturelle) que celles créée par leur histoire. Histoire multi millénaire qu’il importe de connaitre avant de tenter de fonder une discours insulaire sur un prétendu féminisme. Féminisme qui n’est qu’une forme de division de plus entre hommes et femmes.
Oui les salaires sont inégaux entre hommes et femmes, oui dans certains pays, en France même, le sort fait aux femmes est arriéré et brutal (quel homme aimerait voir s’afficher sur les murs de nos villes un corps standard, anonyme, un objet sexué et dénudé pour vendre des voitures, ou de la lessive ...).  Les hommes en sont ils la cause , ou bien sommes nous encore dans les paradigmes qui ont vu naître le patriarcat : propriété privée, division du travail ?
Usine d'armement 1914/1918
Cette société hypocrite qui infantilise les femmes, veut les réduire à des objets, a un double langage. Que la guerre vienne, la ménagère sort de la maison et part en usine effectuer les tâches les plus dures (1914). Sitôt la crise finie, qu’elle retourne chez « elle » et ne doit  pense qu’à se maquiller et redevenir un « doux objet ».
La faiblesse du féminisme, idéologie qui a beaucoup fluctué, c’est de brouiller les cartes, de ne pas indiquer la source du problème.

Pourtant très tôt des femmes ont montré la voie de la nécessaire égalité.   (ci contre Olympe de Gouges)


 
 
 
Rosa Luxembourg 1871  -  1919
Celles-là ne prêchaient pas la division hommes/femmes elles ambitionnaient une lutte commune contre les conditions qui rendent possible cette division préfabriquée.




Le féminisme jusqu’à la caricature.

Le féminisme « moderne » a atteint son apogée avec les démonstrations spectaculaires du mouvement dit des « Femen ».
Ce féminisme là s’en prend aux cathos, à Poutine, à l’Islam, à la Russie; il bénéficie de la mansuétude des services de police pourtant prévenus de ses actions.
Femen urinant sur des photos de prêtres.
Les soutiens occidentaux adressés aux Femen sont innombrables. Par exemple, le député PS et ex-président de SOS Racisme Malek Boutih a posé à moitié à poil en juillet dernier en leur honneur. Les Femen ont aussi toujours eu le droit aux mots d’amour de Caroline Fourest et aux tendresses de Charlie Hebdo, qui a sorti un numéro spécial Femen , quasiment le même jour que l’édition de l’ouvrage Femen, chez Calmann-Lévy, un recueil de témoignages élaboré par la journaliste de RFI Galia Ackerman.
Parmi les richissimes donateurs officiels des Femen, on notera la présence du patron de presse ukrainien Jeg Sunden, d’origine américaine , dont les médias ont assisté, aux cotés de divers ONG, lobby ou médias occidentaux, la révolution orange.
Contre le féminisme : l’humanisme !
« Si nous examinons plus attentivement la situation de la femme en mutation constante au cours des différentes phases du développement social, vous reconnaîtrez aisément que l’absence actuelle des
"Ce qui rend le travail de la femme spécialement attractif pour les capitalistes n'est pas seulement son bas coup, mais bien la meilleure soumission de la femme"    -   Clara Zetkin.
droits de la femme, son manque d’autonomie, ses prérogatives limitées au sein de la famille et de la société ne sont nullement des qualités innées propres à la « nature » féminine. Il n’est pas vrai non plus que les femmes sont moins intelligentes que les hommes. Non, la situation dépendante de la femme et son manque d’émancipation ne sont pas explicables par de quelconques qualités « naturelles », mais
par le caractère du travail qui leur a été attribué dans une société donnée. » A. Kollontaï.
Louise Michel
"Simple, forte, aimant l'art et l'idéal, brave et libre aussi, la femme de demain ne voudra ni dominer, ni être dominée."        Louise Michel, communarde.

lundi 11 avril 2016

Sujet du Merc. 13 Avril 2017 : LA DEFENSE DE SOCRATE



LA DÉFENSE DE SOCRATE

La  biographie de Socrate

Socrate est l’un des philosophes grecs qui ont changé le cours de la philosophie occidentale. Né autour de 469 av. J-C d’un père sculpteur et d’une mère sage-femme, Socrate se dédia à l’enseignement de la philosophie dans les rue d’Athènes. Il eut plusieurs élèves mais il ne créa pas d’écoles philosophiques. Socrate se désintéressait de son apparence physique et sa laideur et son absence de soin dans ses choix vestimentaires allaient contre la mentalité grecque qui notamment voyait dans le corps une sorte de miroir de l’âme. Cela dit Socrate se révélera être un homme courageux et un exemple de vertu. Cela en deux occasions. La première fut  en 432 av. J.-C., année durant laquelle Socrate participa à la guerre du Péloponnèse, durant laquelle  Sparte était opposé à la cité de Socrate, Athènes. Durant cette guerre, Socrate sauva la vie à Alcibiade. La deuxième occasion où Socrate montra son courage, fut notamment durant son fameux procès, qui lui coûta une condamnation à mort.

Socrate n’a rien laissé d’écrit. Ce que nous savons de sa pensée nous a été transmis par Platon, Xénophon et Aristophane. Le meilleur témoignage du fameux procès à Socrate demeure l’ouvrage de Platon intitulé « L’apologie de Socrate ».  Cet ouvrage est une véritable apologie de la dialectique et du droit à la défense.

Le contexte historique  du procès et les chefs d’accusations 

Le contexte dans lequel se déroula le procès à Socrate été très particulier. C’est un contexte de crise.  Athènes avait perdu la guerre du Péloponnèse, les penseurs tels que Socrate étaient montrés du doigt par les peuples comme responsable de cette défaite.

Nous pouvons résumer les accusations portées à l’égard de Socrate dans les chefs d’accusation suivants :

a)Délit d’impiété : Ce délit était prévu par un décret qui remonte à l’époque de Périclès[1]. Ce décret prévoyait une condamnation pour ceux qui ne croient pas à la divinité et qui enseignaient des doctrines qui se fondaient sur les entités céleste (Plutarque, Périclès 32.1.)

b) Corruption de la jeunesse : Mélétos, son principal accusateur, affirmait en bon  démagogue en  s’adressant aux  juges et au jury du procès que ces derniers étaient tous de  bons  pédagogues et de bons exemples pour la jeunesse, tous à  l’exception de Socrate. Ce dernier était accusé de gâcher, à travers ses enseignements  les bons enseignements soi-disant traditionnels qui étaient donnés au jeunes Athéniens. 

c) Avoir introduit à Athènes des nouvelles divinités tel que  le démon de Socrate.


L’Apologie de Socrate

L’œuvre de Platon intitulée  « l’Apologie de Socrate » est un témoignage unique du procès de Socrate, auquel Platon participa en temps qu’auditeur. Platon rapporte et interprète à sa façon  la plaidoirie que Socrate a utilisée afin de contredire les accusations qui lui étaient portée. Dans la première partie de la plaidoirie Socrate  se défend et cherche à mettre son principal accusateur Mélétos devant ses propres contradictions. Dans  la deuxième partie,  le ton change. Socrate s’en prend aux juges qui l’accusent avec un ton menaçant et refuse la peine de l’exil en acceptant ainsi la peine de mort.
Socrate n’est pas un orateur comme les autres. Pernot de sa part décrit l’Apologie de Socrate comme un « […] modèle de plaidoyer conforme aux exigences philosophiques [2][…] ». La défense de Socrate vise à travers la dialectique du procès et le questionnement de ses adversaires visant à le mettre devant leurs contradictions. Socrate cherchait dans un premier temps à convaincre les juges par le biais d’arguments solides et non à captiver leur bienveillance. En plus en interrogeant les parties adverses, Socrate cherchait à les éduquer selon la notoire technique de la maïeutique.

 Par le biais de la figure quasi-mythique de Socrate, Platon veut creuser un fossé entre la philosophie socratique et la sophistique. Dans d’autres dialogues tels que le "Gorgias ", Platon oppose la philosophie de Socrate fondée sur des arguments solides et sur le principe de non-contradiction  à  la rhétorique des sophistes. Ainsi Socrate définit la rhétorique des sophistes dans les termes suivants : « La rhétorique […], j’en fais une partie de la flatterie, comme l’esthétique, bien sur la sophistique » (Gorg. 463 b,). Dans l’exorde de l’Apologie de Socrate, Platon fait prononcer à son maitre la frase suivante :
« […] je suis orateur, mais non à leur manière. Quoi qu’il en soit, je vous répète qu’ils n’ont rien dit ou presque rien qui soit vrai. Moi, au contraire, je vous dirai l’exacte vérité […] ce ne sont pas des discours parés de locutions et de termes choisis et savamment ordonnés que vous allez entendre, mais des discours sans art, fait de premier mots venus[…]» ( Apologie, I,1,)

Ainsi Socrate prend ses distances du monde des sophistes et oppose un discours visant simplement à persuader par une plaidoirie  qui vise à convaincre. Par la suite Socrate prend aussi ses distances du monde des tribunaux en affirmant : « […]je suis vraiment étranger au langage qu’on parle ici » (Apologie I, I,). Socrate ainsi veut  incarner une nouvelle figure d’orateur philosophe qui à ses dires veut dire la vérité) (Apologie I, I,). Dire la vérité ainsi que la faire ressurgir par le biais de la dialectique ainsi que de la maïeutique devient une exigence quasi éthique pour Socrate. Ce dernier prend ses distance de  ceux qui afin d’échapper à une punition essayaient de séduire les juges. Socrate est conscient du risque qu’il court, mais il ne manque pas de souligner que son défi a la mort n’est pas une « bravade ». C’est un risque que Socrate veut prendre au nom de la vérité.

La mort de Socrate représente un cas extrême de cohérence philosophique, c’est le sacrifice d’un philosophe qui par le biais de son exemple se veut « d’éclairer et de convaincre » un juge de la vérité. (Apologie XXIV), Cela dit, le juge qui en toute conscience condamne un innocent sera selon Socrate condamné par Zeus à un châtiment plus pénible que celui qui a été infligé à Socrate (Apologie XXX).

 L’idée de justice est  ainsi liée à l’idée de vérité. Contrairement au sophiste Socrate est très loin de faire coïncider la justice avec la loi du plus fort. Platon dans le premier livre de la  République affronte cette question notamment dans le dialogue entre Socrate et Trismique. Ce dernier fait coïncider la notion de justice avec la notion de pouvoir. Selon Socrate la justice ne coïncide pas toujours avec la loi ou l’ordre établi.

En ce sens Platon répand une idée clé de culture grecque, qui remonte à l’Antigone de Sophocle, l’idée d’un droit et d’une justice qui dépassent la simple norme juridique. Dans l’Apologie de Socrate nous trouvons l’idée que la justice se dévoile à travers la dynamique du procès.


Conclusion

Le droit à un procès équitable tout comme le droit au contradictoire est une conquête de la civilisation. Dans l’Apologie de Socrate nous avons l’embryon du modèle de la moderne procédure accusatoire, qui se fonde sur le droit à être jugé par un juge tiers et impartial.

Ce modèle notamment encourage le rôle des parties et par cela encourage la dialectique et par conséquent le droit au contradictoire. Ce principe est ancré dans la culture classique. Nous en trouvons des traces dès l’Iliade d’Homère avec le fameux épisode du bouclier d’Achille (IliadeXVIII, 478,-607), suivi par l’Antigone de Sophocle et la Médée  d’Euripide. 
                


[1] Jean Rudhart, « La définition du délit d’impiété d’après la législation attique », in Revue suisse pour l’étude de l’antiquité classique, n. 17, 1960.
[2] Laurent Pernot, La Rhétorique dans l’antiquité, Paris, Livre de poche, Deuxième édition Livre de Poche,  2000,  p. 69.

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                                        PROCHAIN SUJET   -   MERCREDI   20   Avril

                                 Le féminisme n'est pas la solution, c'est le problème.

Sujet du 18/04/2018 : Suffit-il d'observer pour connaitre ?

Suffit-il d’observer pour connaitre ? Si l'on se donne pour objectif, pour finalité, de connaître la nature, ou tout autre phéno...